Double explosion à Beyrouth : des musées et des galeries d’art détruits ou fortement endommagés

Connaissance des Arts, Agathe Hakoun, 05.08.2020: “Double explosion à Beyrouth : des musées et des galeries d’art détruits ou fortement endommagés”

Suite aux deux gigantesques explosions meurtrières qui ont touché Beyrouth le 4 août 2020, de nombreux musées et galeries de la capitale ont été sérieusement endommagés voire totalement détruits.

Alors que le bilan de la double explosion à Beyrouth (Liban) s’alourdit, le monde culturel n’est pas épargné. À la centaine de morts et aux milliers de blessés, s’ajoutent les terribles dégâts matériels faits par les deux déflagrations qui se sont produits le 4 août dans la zone du port. Le premier ministre libanais Hassan Diab a déclaré que l’explosion avait été causée par 2 700 tonnes de nitrate d’ammonium, un produit chimique industriel stocké dans un entrepôt depuis six ans.

La scène artistique de la capitale libanaise touchée

Toutes les grandes galeries d’art situées à proximité du port de Beyrouth ont été intégralement détruites : la Marfa Gallery, la Galerie Tanit ou encore la succursale de l’Opera Gallery, d’après le média culturel « The Art Newspaper ». Même sort pour la galerie Artlab, dédiée à l’art émergent, dont les employés ont subi de « profondes blessures cutanées » rapporte « Artnet News ». « La galerie a été gravement endommagée et je doute qu’elle vaille la peine d’être rouverte étant données les conditions actuelles » explique le porte-parole de la galerie face à la crise économique actuelle du pays et en plein contexte de pandémie de Covid-19.

Mais les lieux culturels proches des explosions n’ont pas été les seuls touchés. La galerie Sfeir-Semler (qui représente des artistes tels qu’Etel Adnan ou encore Yto Barrada) du quartier de la Karantina et la galerie Janine Rubeiz dans le Raouché ont aussi été endommagés. Les œuvres d’art ont été protégées à temps, néanmoins un employé de la galerie de Saleh Barakat se trouve actuellement en soins intensifs.

Le Sursock Museum et la Dalloul Art Foundation endommagés

Au milieu des images désolées de la ville qui semble en guerre, le Sursock Museum, situé en plein cœur du prestigieux quartier historique d’Achrafieh, n’a pas échappé au désastre. Rouvert en 2015 après une restauration coûteuse, le musée occupe l’ancienne résidence privée de l’aristocrate libanais Nicolas Sursock et abrite sa collection d’art moderne et contemporain. « Le musée est dévasté », déclare sa directrice Zeina Arida, présente sur les lieux au cours des explosions, à « The Art Newspaper ». Aucun membre du personnel n’a été blessé, néanmoins « beaucoup de dégâts ont été causés à la structure du bâtiment (…) nous n’avons pas les moyens d’acheter de nouveaux matériaux », confie Zeina Arida aux journalistes. Parmi les décombres, quelques œuvres d’art. Plusieurs pièces ont été directement touchées, dont un portrait de Nicolas Sursock.

Situé à plusieurs kilomètres du port, le bâtiment de la Ramzi et Saeda Dalloul Art Foundation, qui compte plus de 4 000 œuvres de 400 artistes du monde arabe, a également été endommagé mais la collection semble avoir été épargnée. Plus d’informations devraient arriver dans les prochains jours. Une fois le bilan des dégâts matériels établis, les lieux culturels devront envisager la reconstruction qui promet déjà d’être compliquée car très coûteuse dans un pays frappé de plein fouet par la crise économique.

Image : The Sursock Museum façade.jpg” by murielkahwagi is licensed under CC BY-SA 4.0