Symbolisme mystique chez Guggenheim

Rose+Croix Khnopff

Après son succès au Guggenheim New-York, l’exposition “Symbolisme Mystique : le Salon de la Rose+Croix à Paris, 1892-1897” a ouvert ses portes fin octobre à la Collection Peggy Guggenheim de Venise. Il s’agit de la première exposition d’envergure portant sur le courant mystique.

La Rose+Croix, mouvement esthétique très influent à la fin du XIXème siècle, est apparu sous l’impulsion de l’écrivain et occultiste Joséphin Péladan. Prenant ses racines dans le symbolisme, il se veut tendre à l’idéal. Péladan est alors connu tant pour ses talents d’écrivains que pour son excentricité : dès Il s’octroie le titre de Sâr et se fait appeler Mérodack Joséphin Péladan). Il souhaite une rupture complète avec le naturalisme qui a fait les beaux jours de la peinture et littérature de la fin du XIXème siècle.

Le mouvement ne dure officiellement que cinq ans; mais ces cinq années vont changer le paysage de l’art dans de nombreux pays. Six Salons artistiques sont organisés par la Rose+Croix, le premier en 1892. De nombreux peintres et sculpteurs adhérant à la vision mystique sont exposés; parmi eux : Fernand Khnopff, Henri Martin, Antoine Bourdelle, Félix Vallotton, Emile Bernard, Jean Delville, Carlos Schwabe, Georges Rouault. Côté musique, Erik Satie est probablement l’un des membres les plus connus. Les adhérents voyaient en la musique et en la poésie des moyens de se détacher du matériel, favorisant ainsi la création. Ainsi, Richard Wagner, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud ou Stéphane Mallarmé étaient sources d’inspirations.  L’empreinte spirituelle laissée par cette génération d’artistes de la Rose+Croix se retrouve au XXème siècle chez Kandinsky, Mondrian et Kupca.

L’exposition “Rose+Croix” du Guggenheim met exclusivement en scène les oeuvres qui faisaient partie des Salons de Péladan. Elle fermera ses portes le 7 janvier 2018.

Image : Fernand Khnopff, Je ferme la porte sur moi-même, 1891. Nouvelle Pinacothèque Munich.