Pékin : l’atelier d’Ai Weiwei détruit sans préavis

Ai Weiwei Studio Destruction

Les autorités chinoises ont détruit l’atelier d’Ai Weiwei à Pékin.

L’artiste chinois dissident Ai Weiwei a annoncé la démolition de son principal studio situé en périphérie de Pékin sans préavis, trois ans après son départ de Chine. Ai Weiwei, qui vit dorénavant à Berlin, a posté une vidéo sur Instagram montrant cette destruction, une publication invisible depuis la Chine en raison de la “Grande muraille électronique”, un système complexe de censure de l’internet.

Artiste emblématique de la scène artistique contemporaine, mais aussi architecte ayant participé à l’élaboration de monument emblématique des jeux de Pékin en 2008, Ai Weiwei mène à l’âge de 60 ans une activité critique et politique qui lui attire régulièrement des représailles sévères des autorités chinoises.

En 2011, il a passé 81 jours en détention après avoir été arrêté à l’aéroport de Pékin alors qu’il s’apprêtait à prendre un avion pour Hong Kong.

L’artiste n’a toutefois pas exprimé une grande colère teintée d’une froide amertume face à la démolition, presque attendue, le contrat de location de son atelier ayant expiré l’automne dernier.

Interrogé par Isabel Pasquier, Ai Weiwei :

J’ai été choqué quand j’ai appris la nouvelle, ça m’a rappelé la destruction de mon studio de Shanghai, sans préavis. Ça laisse sans voix ; ça ne sert à rien de discuter…. depuis si longtemps le pouvoir contrôle tout et ça ne change pas. C’est une société autoritaire :  les ordres sont comme des ordres militaires et  il n’y pas de place pour la discussions et pas la possibilité de savoir quelles étaient leurs intentions.

Ai Weiwei avait été emprisonné puis privé de passeport pendant quatre ans avant de partir s’installer à Berlin. Il se dit considéré comme “un ennemi d’Etat” dans son pays d’origine.

Certains de ses proches sont ou sont allés en prison. Lui-même était espionné sans cesse. Sa notoriété internationale le protège mais cela n’a pas empêché la démolition de l’atelier de Pékin qui a employé jusqu’à  30 personnes, dont des étudiants en art.

Ai Weiwei dispose désormais d’un autre atelier à Berlin, et un troisième en Grèce, à Lesbos : Lesbos, où les migrants arrivent pour entrer en Europe. Un sujet qui lui a inspiré le documentaire Human Flow.

France Inter, 04.08.2018 :”La destruction de l’atelier d’Ai Weiwei à Pékin : “J’ai été choqué”

Image : Ai Weiwei sur le site de destruction de son studio de Shanghai. via Saatchi Online Magazine.