L’Arte Povera pleure Jannis Kounellis

Jannis Kounellis en 2016, à la Monnaie de Paris

C’est avec tristesse que le monde de l’art a appris le décès de l’artiste conceptuel Jannis Kounellis le 16 février dernier, à l’âge de 80 ans.

D’origine grecque, Kounellis était une des figures de proue de l’Arte Povera, un mouvement né en Italie à la fin des années 60 en réaction à la culture pop américaine. Maître de la récupération (“je travaille avec ce que je trouve”), c’est en effet avec entre autres Pistoletto, Merz, Penone, Boetti, Paolini qu’il fonde le movement de l’Arte Povera (“art pauvre”) en 1967.

Ses oeuvres tour à tour poétiques ou provocantes sont faites à partir de matériaux trouvés. Miroirs, tôles, pierres, tissus, métaux invitent à la réflexion sur l’art comme quotidien, humble, mêlant naturel et artificiel, passé et présent, homme et animal.

Malgré une carrière de 60 ans bien remplie en expositions internationales (Dokumenta en 1972, 1977, 1982; Biennale de Venise en 1972, 1976, 1978, 1980, 1984, 1988, 1993, 2011; Biennale d’Istanbul en 1993; Biennale de Sydney en 2008), c’est véritablement en 2009 qu’a lieu sa plus importante rétrospective, à la Tate Modern de Londres.

Les français se souviendront de son exposition l’année dernière à la Monnaie de Paris, présentant deux de ses oeuvres historiques : Libertà o Morte. W Marat W Robespierre , installation de 1969, et l’oeuvre-performance Da inventare sul posto (1972) qui met en scène un violoniste, une ballerine et une peinture à heures précises.