Paris: immersion dans l’oeuvre de Klimt

Klimt Atelier des Lumières

LeFigaro.fr/AFP, 13.04.2018: “À l’Atelier des Lumières, la peinture de Klimt prend vie en numérique”

Le nouveau centre d’art numérique, une ancienne fonderie de 3300 m² située dans le XIe arrondissement de Paris, propose une exposition des œuvres du peintre autrichien avec 140 vidéoprojecteurs.

Se promener parmi ses fleurs, se sentir tout petit face à son Baiser projeté en grand format: les œuvres de Gustav Klimt prennent vie et dévoilent leurs détails dans une exposition tourbillonnante proposée à Paris par un nouveau centre d’art numérique.

À l’aide de 140 vidéoprojecteurs et au son des valses et musique de la Vienne de la fin XIXe siècle, les œuvres du peintre autrichien (1862-1918) s’animent et habillent les 3300 m² de surface de projection de ce nouveau lieu baptisé Atelier des Lumières, situé dans le XIe arrondissement. «Soit la plus grande installation numérique de ce type dans le monde», assure à l’AFP Bruno Monnier, le président de Culturespaces, la société privée en charge du lieu qui ouvre au public ce vendredi avec cette première exposition.

Pendant les 35 minutes de projection, le sol et les murs de cette ancienne fonderie se couvrent des œuvres, permettant aux visiteurs de voyager dans la Sécession viennoise, ce courant artistique autrichien dont Gustav Klimt est la figure de proue.

Dans la halle en fer de 1500 m², des motifs décoratifs et pétales d’or tournoient sur les parois en pierre pour laisser apparaître les plus grands chefs-d’oeuvre du peintre, ceux de sa période dorée: Le BaiserDanaë, etc.

En animant et projetant ces tableaux au format XXL, le visiteur peut en apprécier tous les détails et la finesse des peintures. Au fil de cette balade visuelle et sonore, le sol se mue peu à peu en un tapis d’innombrables fleurs colorées, donnant l’impression au spectateur d’être plongé dans un des tableaux paysagers de Klimt.

La bande-son venue tout droit de l’époque de Klimt contribue à l’immersion: Strauss, Chopin, Mahler…

Public familial visé

Avec ses paysages de villages aux couleurs mélancoliques, une courte séquence de l’exposition est également consacrée au disciple de Klimt, Egon Schiele (1890-1918).

À l’ère numérique, «nous voulons présenter au public un nouveau type d’exposition, qui n’est plus la contemplation statique d’un tableau sur un mur, mais l’expérience vécue à l’intérieur d’une oeuvre», souligne M. Monnier.

Le public visé n’est pas forcément celui des connaisseurs pointus mais plutôt les familles et ceux qui, soulignent les organisateurs, «n’ont pas l’habitude d’entrer dans les institutions culturelles classiques».

L’Atelier des Lumières vient prolonger le succès des Carrières de Lumières, également développées par Culturespaces depuis 2012 aux Baux-de-provence, dans le sud de la France. Ces expositions numériques attirent près de 600.000 visiteurs par an.

L’an dernier, La Villette avait également accueilli une exposition «immersive» consacrée aux tableaux de Van Gogh. Cette année, elle proposera, à partir du 4 mai, cinq nouvelles installations du même type présentant des paysages oniriques, faunes et flores fantasmées, conçues par un collectif japonnais.

À l’Atelier des Lumières, on souhaite aussi «faire découvrir» certains artistes «par l’intermédiaire de programmes courts», précise M. Monnier. L’œuvre du peintre et architecte autrichien Fridensreich Hundertwasser (1928-2000), héritier de la Sécession viennoise, est ainsi à l’honneur dans un film de 10 minutes projeté à la suite de Klimt.

En outre, dans l’ancienne fonderie, un espace de 160 m² est dédié à la création contemporaine: le collectif turc Ouchhh, faisant appel à l’intelligence artificielle, ouvre le bal.

L’exposition d’inauguration sur Gustav Klimt s’installe à L’Atelier des Lumières jusqu’au 11 novembre. Et après? «très certainement Van Gogh ou Chagall».

À l’aide de 140 vidéoprojecteurs, les œuvres de Klimt s’animent et habillent les 3300 m² de surface de projection du nouveau centre d’art numérique, baptisé l’Atelier des Lumières.© Culturespaces / E. Spiller