Fin en vue pour l’affaire Aristophil

Investir dans les manuscrits en échange d’un rendement à 8% par an, c’est ce que la société Aristophil faisait miroiter à ses 18’000 clients. Hélas, comme pour beaucoup d’affaires proposant des rendements juteux, le retour sur investissement s’est avéré négatif, avec des années de procédure à la clé.

Non pas que les manuscripts n’existent pas : au contraire, ils sont au nombre de 130’000. Parmi eux se trouvent des trésors tels le “Manifeste du Surréalisme” d’André Breton; le “Testament Politique de Louis XVI”, écrit avant sa décapitation; ou encore les “120 jours de Sodome”, que le Marquis de Sade a rédigé depuis sa cellule de la Bastille. Ce qui ne fut pas au rendez-vous, c’est le rendement promis. Le système d’Aristophil, basé sur un système de Ponzi, a permis d’accumuler 850 millions €.

De nombreux donneurs d’alerte ont permis d’attirer l’attention de la justice sur la mascarade. Mais l’affaire qui sonna le glas d’Aristophil fut vraiment la vente de la correspondance entre Albert Einstein et Michele Besso. Acquise en 2002 chez Christie’s pour 560’000 Euros, Aristophil l’estime à 12 millions d’Euros quelques années plus tard et la vend à 400 co-proprétaires. En 2011, Aristophil lance une nouvelle revente des parts pour 4’000 Euros chacune, pour un total de 24 millions d’euros. Cette revente aurait dû s’assortir d’un rachat par Aristophil quelques 5 ans plus tard, avec un taux de rendement de 35%.

L’initiateur, PDG de Aristophil Gérard Héritier, a été mis en examen en juin 2015 et nie toute culpabilité. La justice a tranché : les manuscrits seront vendus aux enchères, ce à partir de Septembre 2017. C’est l’étude Aguttes qui a été retenue pour gérer le fonds avant de procéder à sa vente ou à la restitution des documents. Et aux 18’000 clients lésés d’espérer récupérer une partie de leur mise. N’oublions pas que les valorisations étaient jusqu’à 1000 fois supérieurs aux prix réels de marché.

Crédit photo : Capa TV