Expositions de contrefaçons (volontaires ou non)

Lampes Tiffany authentique contrefaçon

Le marché de l’art est connu pour son manque de transparence. Si certains en font les frais, d’autres en profitent.

Le musée de Winterthur, Delaware, consacre une exposition aux contrefaçons ayant défrayé la chronique au cours des dernières années. Intitulée “Treasures on Trial”, c’est un des fameux “Rothko” lié au scandale Knoedler qui a l’honneur d’accueillir les visiteurs. L’affaire Knoedler a défrayé la chronique au cours des dernières années, mêlant à la fois artistes renommés, collectionnneurs richissimes et montants astronomiques. 81 millions d’USD ont été demandés en dédommagement à Glafira Rosales qui a vendu ces oeuvres à la réputée galerie Knoedler, tandis que le faussaire, lui, un chinois vivant à New York, n’a pas été jugé responsable. La loi américaine est ainsi faite que faire un faux n’est pas condamnable; seul le faire passer pour un original l’est.

Les autres contrefaçons présentes dans l’exposition ont également bluffé nombre d’experts. On trouve un Van Gogh pastiche, oeuvre du faussaire John Myatt; une bouteille de Château Lafite de 1787, soi-disant propriété de Thomas Jefferson, acheté par le milliardaire Bill Koch; un sac Birkin, découvert faux lorsqu’envoyé chez Hermès pour nettoyage; une magnifique lampe Tiffany, semblable en tous points à une authentique, à l’exception près du zinc utilisé à la place du plomb pour sa structure.

L’authenticité d’une oeuvre est toujours le résultat d’un faisceau d’indices concordants. Dans de nombreux cas les acquisitions malheureuses auraient pû être évitées en analysant la provenance des objets. S’il y a doute, s’abstenir d’acheter évite d’interminables problèmes. Mais il y a des oeuvres pour lesquelles seule une analyse scientifique peut déterminer l’authenticité.

Elmyr de Hory, faussaire bien connu disait que si une de ses oeuvres reste assez longtemps dans un musée elle devenait authentique. Le Palais Ducal de Gènes vient justement de voir fermer son exposition Modigliani, et presque la moitié de ses oeuvres confisquées par les Carabinieri. Le critique d’art Carlo Pepi et l’expert Marc Restellini ont tous les deux demandé à ce que l’exposition soit fermée en raison du nombre évident de faux exposés. La police a donné suite à leur requête, malheureusement seulement 3 jours avant la fermeture officielle de l’exposition. Sont mis en cause le curateur de l’exposition, la société l’ayant organisée ainsi que le collectionneur américain propriétaire des oeuvres. Souhaitait-il que ses oeuvres passent pour authentiques en confirmant leur acceptation par un musée italien ? A la justice de le déterminer.

L’exposition “Treasures on Trial” du Winterthur Museum, Delaware, se tient jusqu’au 7 janvier 2018. Image : deux lampes Tiffany Studio présentes dans l’exposition. L’une est authentique, l’autre non.