Banksy soutient l’artiste kurde Zehra Erdogan

Banksy Dogan Kurde

La Dépêche, Jean-Baptiste Tournié, 18.03.2018 : “Une fresque géante de Banksy en plein New-York pour soutenir la journaliste kurde Zehra Dogan”

“Condamnée à presque trois ans de prise pour avoir peint une simple photo.” C’est le sort réservé à l’artiste et journaliste kurde Zehra Dogan qu’a voulu dénoncer Banksy dans sa nouvelle fresque. L’œuvre géante du mystérieux artiste britannique, peinte en collaboration avec le street artiste Borf, s’étale depuis jeudi sur les murs de New-York.

La fresque de Banksy représente 273 barreaux de prisons. Autant de jours que la journaliste kurde doit encore purger pour terminer sa peine.

Ce n’est pas la première fois que Banksy dénonce les conditions d’emprisonnement inaceptables dans les pays qui portent atteinte aux libertés les plus fondamentales.

Condamnée pour une peinture

Zehra Dogan a été enfermée en octobre 2016 et condamnée à deux ans et 9 mois de prison pour avoir repeint à sa manière une photo de l’armée turque. La peinture représentait une vision beaucoup plus négative de la victoire de l’armée d’Erdogan, obtenue aux termes de bombardements intensifs sur la ville, majoritairement kurde, de Nusaybin.

La peinture de Zehra Dogan en question :

Nusaybin,

Nusaybin, 2016, by Zehra Dogan.

Elle avait aussi été inquiétée pour avoir partagé le témoignage audio d’un jeune garçon de 10 ans, terrifié par l’intervention militaire des forces turques.

Forte mobilisation sur internet

L’arrestation et la condamnation de la jeune activiste avait engendré une vague de soutien de la part des ONG et des internautes, qui s’est manifestée sur les réseaux sociaux par le hashtag #FreeZehraDogan.

Banksy a lui même convié les internautes à reprendre le travail de l’artiste kurde en mentionnant le plus possible le nom d’Erdogan. Une nouvelle charge du graffeur engagé pour rendre visible la frêle stabilité du droit à la liberté d’expression.

Image : en plein New-York, la nouvelle fresque de Banksy soutient la cause de la journaliste Zehra Dogan./Courtoisie Hrag Vartanian pour Hyperallergic