11.11.2017 : Ouverture du Louvre Abu Dhabi

Louvre Abu Dhabi

AFP – 07.11.2017. Sous une “pluie de lumière” émanant d’un dôme géant et semblant flotter sur l’eau, le Louvre Abu Dhabi, qui doit être inauguré mercredi aux Emirats arabes unis, héberge désormais Matisse, Mondrian et… George Washington.

L’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock et de Mark Rothko est exposé à quelques mètres des toiles d’Henri Matisse, de Vincent van Gogh et d’un portrait de George Washington peint par Gilbert Stuart.
D’autres galeries sont dédiées à des objets anciens de Chine, d’Irak ou du Congo, qui racontent l’histoire de civilisations et de religions du monde entier.

Le Louvre Abu Dhabi, que le président français Emmanuel Macron découvrira mercredi soir, est présenté comme le premier musée à vocation universelle du monde arabe et comme un symbole de diversité et de tolérance.
Conçu par l’architecte français Jean Nouvel, le musée ouvrira ses portes au public samedi et s’attend à recevoir dans les premiers jours quelque 5.000 visiteurs, a indiqué Mohammed al-Moubarak, président de l’Autorité de la culture et du tourisme d’Abu Dhabi. “C’est un musée international et nous attendons des visiteurs du monde entier”, a-t-il dit. “Quelqu’un qui vient de Chine trouvera quelque chose qui lui parle. De même pour un visiteur indien”.

Les galeries sont situées dans des bâtiments blancs au toit bas, inspirés des médinas arabes, qui sont entourés d’eau coulant entre les différentes structures du musée. Dans la première galerie appelée “chapitre”, une salle sombre abrite une feuille d’un Coran Bleu, un manuscrit du IXe siècle avec un lettrage en or sur du parchemin bleu. A côté du Coran, une Torah juive yéménite de 1498 et deux volumes d’une Bible gothique du XIIIe siècle.

Mais la star du musée, selon ses promoteurs, est La Belle Ferronnière, ce portrait de femme de Léonard de Vinci, prêté par Le Louvre à Paris avec quelque 300 oeuvres, dont Autoportrait de Vincent van Gogh.

A la sortie de la galerie 12 est exposée “Fountain of Light” de l’artiste chinois Ai Weiwei, une structure en spirale de sept mètres de hauteur, drapée de cristaux et inspirée des plans réalisés pour un monument communiste massif qui n’a jamais vu le jour.

Le Louvre Abu Dhabi, premier musée à porter le prestigieux nom français hors de France, ouvre cette semaine dix ans après le lancement du projet. Il est le fruit d’un accord intergouvernemental signé en 2007 entre Paris et Abou Dhabi.

L’accord, d’une durée de 30 ans, prévoit que Paris, représentée par l’Agence France-Muséums, apporte son expertise, prête des oeuvres d’art et organise des expositions temporaires contre un milliard d’euros. Sur ce total, la seule concession du nom du Louvre jusqu’en 2037 rapporte au musée parisien 400 millions d’euros.

De sa collection permanente, le musée a prévu d’exposer 235 oeuvres d’art dès l’ouverture, y compris Le Bohémien d’Edouard Manet et la “Princesse” de Bactriane (fin du IIIe-début du IIe millénaire av. J.-C.).

Le Louvre Abu Dhabi exposera aussi des objets et des pièces antiques venant d’institutions du Moyen-Orient, dont un buste monumental à deux têtes, vieux de plus de 8.000 ans (Jordanie), et un outil en pierre préhistorique datant de 350.000 ans avant J.-C. (Arabie saoudite).

AFP via La Nouvelle République. Image : un garde de sécurité contemple une oeuvre (d’Yves Klein) au Louvre Abu Dhabi le 6 novembre 2017.